|
« Dentelles
bruxelloises » - Éditorial régulier sur des thèmes
européens dans « Neues Deutschland », aujourd’hui par
André Brie (MPE)
Une directive de
marché
Le vote sur l’ainsi-
dite directive de marché dans le comité en tête de file du
marché intérieur et de la protection des consommateurs du
Parlement Européen le 22 novembre a confirmé les pires
soupçons. Bien que le projet de la commission ait été
changé dans beaucoup de questions et qu’il y ait eu aussi
quelques restrictions positives du champ d’application, il
y sera présenté en plénière au début 2006 un texte, qui
ouvrira le marché européen des services à une course au
dumping vers le bas : en ce qui concerne les salaires, les
normes sociales, le droit de la protection des
consommateurs et de l’environnement, certainement aussi en
ce qui concerne le droit des garantis et de la sécurité
juridique pour les client(es) en général. Ils s’y
imposèrent les motions communes des conservateurs, des
libéraux et des nationalistes. Toutes les propositions
soumises ensembles par les sociaux démocrates, les verts,
et la gauche européenne, et les amendements critiques
venant des comités de l’environnement, du social, des
femmes et de la culture étaient rejetées l’une après
l’autre tout comme les suggestions de la rapporteuse
sociale-démocrate Evelyn Gebhardt. En vue de cette
situation, j’avais attendu lors du vote final, que les
sociaux-démocrates allaient été forcés de voter « non »,
d’autant plus qu’encore en printemps, par exemple, Gerhard
Schröder, le Conseil fédéral et – sur demande du SPD et
des Verts – le Parlement fédéral s’étaient exprimés
négativement sur le « principe du pays d’origine », qui
domine la proposition de la commission. Je m’étais trompé.
Les sociaux démocrates européens se sont abstenus ou ont
voté « oui ». Rien de bon n’est à espérer pour la première
lecture au parlement.
L’article 16 sur le principe du pays
d’origine est maintenant titré de manière raffinée de
« Libre commerce en services ». La substance est restée
pratiquement la même. Uniquement en matière de la
protection de la sécurité et de la santé publique et de
l’environnement, les États peuvent insister sur le respect
des instructions nationales. Autrement, ils y appliquent
les lois du pays dont vient le prestataire. En plus, aussi
le droit de résidence est dérégulé d’une façon à presque
inviter les entreprises à déplacer les sièges de leurs
compagnies. Ce que cela voudra dire finalement, l’on peut
voir par le cas des armements : leur principe de pays
d’origine depuis des années a été celui du pavillon le
moins cher. Des équipes extrêmement exploitées, guère
encore protégées sur le plan social ou par les syndicats,
en sont les victimes. Des client(es) de services et des
tribunaux – à ce niveau, il n’aide pas du tout de
convenir, dans le contrat, par exemple, sur Potsdam en
tant que location de la cour – en plus devront connaître
25 différents systèmes de juridiction européennes (dans
leurs langues officielles), et les prendre en compte. Mais
ils n’en seront pas capables.
Comme l’on vient de le voir, l’on ne
pourra pas porter ses espoirs sur le Parlement fédéral, le
Conseil fédéral et le gouvernement fédéral. Ils ne
s’occuperont plus aujourd’hui de leur bavardage d’hier. Le
fait, que la plupart des communes, des provinces et leurs
associations, les chambres d’artisans, d’industrie et de
commerce, les organisations de protection des
consommateurs ne sont pas sur les barricades est étonnant,
pour ne pas dire irresponsable. Mais la résistance ne
vient que de commencer. La première lecture au Parlement
dans plusieurs semaines ne sera pas le dernier mot. Les
syndicats européens ont dormi pendant toute une année ;
entre temps, pourtant, ils ont mis leur critique sur le
papier, même s’ils ne l’ont pas encore portée dans les
rues. Il ne devrait guère y avoir en ce moment un problème
plus important du point de vue social que d’arrêter ce
projet de législation socialement destructif pendant la
seconde lecture ultérieure au parlement. Seulement un
grand mouvement social pourra encore le faire.
Traduit par Carla Krüger, le 5
décembre, 2005 |
|