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Éditorial
pour « Disput », le journal des membres du
Parti de Gauche.PDS, janvier 2006
L’enveloppe
vide de la solidarité
Par
André Brie
Angela
Merkel était la héroïne. Lorsque, en mi-décembre de
l’année dernière, la ronde au sommet de l’UE, après
des discussions laborieuses, se mettait d’accord tout de
même sur la planification financière
2007 à 2013, surtout les médias bourgeois en
Allemagne étaient pleins de louanges pour la chancelière.
Il était question d’une médiatrice honnête
s’opposant à des intérêts contraires, d’une européenne
convaincue, d’un conquéreur féminin, qui dans la
« bataille sur l’argent » avait mené tous
les participants à la victoire. Pas un mot sur le fait,
que l’éclat d’harmonie à Bruxelles au moins pour un
temps était censé bannir Hartz IV et d’autres mesures
d`économies asociales des grands titres. Presque pas un
mot sur le fait, que cette victoire n’a été acheté
qu’au moyen du livre de chèques. Et presque rien sur le
fait, que ce résultat ne résout pas la crise de
l’Union Européenne.
Mais
ce n’était pas pour autant la question du budget. Mais
probablement surtout d’une chose : celle de démontrer
la propre capacité d’action. Car l’année 2005 a été
l’année de la résistance contre les projets UE néolibéraux
et militaristes. La constitution européenne, qui élève
la militarisation et l’armement au rang constitutionnel
et en même temps pose les bases d’une démolition
sociale massive a été refusée par la population en
France et aux Pays-Bas. Un « Non » menaça
aussi dans d’autres pays – le sommet UE en juin, par
précaution, a pour un temps gelé le processus.
Course
de dumping vers le bas
La
« directive Bolkestein » n’est pas passée,
comme cela avait été envisagé, par les instances. Ce
projet de l’UE, qui demande la libéralisation, la dérégulation
du secteur des services tout entier, s’était heurté à
des larges protestations dans tous les États membres de
l’UE. Bien que le projet de la commission avait été
changé dans nombreuses questions et qu’il y avait eu
aussi quelques restrictions positives du champ
d’application, il y est soumis maintenant un texte, qui
ouvrira le marché européen des services à une course de
dumping vers le bas. En ce qui concerne les salaires, les
normes sociaux, la loi de protection des consommatrices et
des consommateurs et de l’environnement, la qualité.
Ce
sont des projets comme cela et l’avancée arrogante des
gouvernements qui y est liée, qui ont gravement endommagée
l’image de l’UE parmi les citoyennes et les citoyens.
Suivant un sondage mené en octobre et novembre 2005, il
ne restaient que 50 pourcents, qui pensaient que l’adhérence
à l’UE était une bonne chose.
Rien
ne devrait y changer en dépit du « succès »
du sommet financier. Les problèmes fondamentaux du budget
de l’UE n’étaient pourtant pas résolus. Le rabais
britannique introduit en 1984 (d’ailleurs aussi
d’autres contributeurs principaux dans l’UE, comme la
RFA, reçoivent un rabais sur leurs contribution !)
est bien limité, mais il ne sera pas pour autant aboli
dans un avenir proche. Paris a garanti le domaine
gigantesque budgétaire de la politique agraire et, de
cette manière, les subventions pour les paysans français.
Cela ira au détriment des dépenses pour l’éducation,
la culture et la jeunesse, qui seront diminuées à un
niveau moins élevé que celui de l’Union à 15 (maintenant
25) États membres.
Dispute
sur l’argent jusque dans les communes
De
cette façon, il y continue la dispute sur l’argent qui
arrive, entre temps, même jusqu’aux régions et aux
communes.
Déjà
bientôt après le « succès au sommet » de
Merkel, les pays fédéraux de l’est demandèrent des
compensations pour les subventions d’autour de 4
milliards Euros, qui leur avaient échappés. La solution
pourtant ne peut être ni d’alimenter de façon
permanente les nouveaux pays, ni d’arrêter l’aide aux
régions structurellement faibles à l’est et à
l’ouest mais celle de finalement promouvoir un développement
économique qui se soutient soi même.
La
réduction de l’écart entre les régions hautement développées
et les régions à développement plus faible appartient
aux objectifs déclarés de l’intégration européenne.
Les
perdants sont les nouveaux pays membres
Et
cela vaut, je le souligne, pour toute l’Europe. Car les
vrais perdants du poker financier des Bruxelles sont les
nouveaux pays membres en Europe de l’est. En dépit de
la cosmétique des chiffres, ils vont devoir renoncer à
autour de 10 pourcent des allocations financières
attendues. Les provisions discriminantes de leurs contrats
d’entrée seront continuées. A l’aide des revenus de
promotions réduits, les nouveaux dans l’UE deviendront
bien un marché lucratif pour des années et des années,
pourtant ils ne seront pas des partenaires à droits égaux
de l’Europe de l’ouest. La solidarité autant évoquée
dans la communauté se révèle une fois de plus comme une
enveloppe rhétorique vide.
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