 |
| FRANÇAIS
| TEXTES CHOISIS |
 |
 |
|
 |
 |
Dentelles de Bruxelles
Est-ce que c'est tout la faute aux
États-Unis?
par André Brie
Si l'on croit à l'image
dessinée par la plupart des médias, les États-Unis
sont les principaux coupables de la crise financière
et économique courante. La plupart des politiciens
européens ont assumé le nouveau anti-américanisme.
La situation actuelle pourtant est en nul cas un
“accident“ ou la conséquence de l'action
irresponsable d'individus ou des États-Unis seuls.
Bien sûr, il n'y a pas de doute que la politique qui
a mené au désastre actuel fut commencé aux
États-Unis. Pourtant il faut encore ajouter des
compléments essentiels à l'image dessinée même par
des membres du gouvernement allemand et leurs
collègues européens.
Ainsi la cause la plus
profonde du crash, pas trop souvent discutée même au
sein de la gauche, a été la politique de la
redistribution du bas vers le haut, aussi et
particulièrement en Europe. Elle a mené à
l'accumulation pendant les trois dernières décennies
des moyens gigantiques financiers dans peu de mains
et elle a en même temps endommagé le pouvoir d'achat
des masses. En haut il y avait bien plus de capital
liquide que ne pouvait pas être investi
raisonnablement dans l'économie réelle, en bas il y
avait de moins en moins d'argent pour la
consommation.
Le gouvernement
états-unisien et, en partie de façon encore plus
prononcée, les gouvernements ouest-européens
eux-mêmes ont créé des nouveaux marchés pour cet
abondon de capital: dans le domaine financier même,
pas en dernier lieu par le capitalisme de casino,
par la privatisation des entreprises et des services
publics, par le capitalisme agressif de libre
commerce. Uniquement par les conditions
d'utilisation organisées par la politique, “la
voracité“ des gestionnaires, des propriétaires
d'actions et de fonds aurait pu être déchargée.
En plus il y avait une
politique très active allemande et européenne pour
la libéralisation des marchés financiers. Ainsi le
traité de Maastricht (1992) introduit un monétarisme
radical. La Banque centrale européenne était
soustraite à tout contrôle politique et
macroéconomique. En 1999 la Commission UE décida le
plan pour libéralisation des services financiers
avec 40 mesures de libéralisation que les
gouvernements européens
réalisèrent au moyen de
la stratégie de Lisbonne à partir de 2000. Il s'y
ajoute le fait que l'UE se comporta tout aussi
passivement envers la ligne des États-Unis qui au
moyen de leur politique financière et de guerre
impériale ont bâti une économie de l'endettement
qu'envers l'intransparence des marchés financiers
internationaux, mais contribua activement à la
dérégulation des marchés financiers.
Il ne faut pas attendre
les États-Unis pour des solutions. Surtout les
champs de manoeuvre européens sont grands. Ce qu'il
faut en UE, c'est surtout la terminaison de la
stratégie de Lisbonne, de la compétition salariale
et fiscale pour entreprises entre les États, du
démantèlement social, de la dérégulation et de la
privatisation et de la redistribution de la richesse
sociale vers le haut. Il faut vraiment contrôler le
“capitalisme de casino“ - il faut interdire ventes à
vide, titrifications et fonds à risques partout en
Europe, il faut abolir les exonérations et avantages
fiscaux pour spéculation financière. A part cela il
faut arrêter la privatisation de la prévention à la
retraite, il faut changer profondement la directive
européenne sur les retraites d'entreprises. Les
grandes banques privées qui ne remplissent plus leur
rôle en politique économique et les compagnies
d'assurance appartiennent sous le contrôle de l'État
ou dans les mains de l'État. Et non pas en dernier
lieu il faudra des programmes de conjoncture
européens et nationaux forts afin de renforcer la
demande intérieure, réduire l'insécurité des
salariés, des chômeurs et des retraités, encourager
des circuits économiques régionaux, des entreprises
petites et moyennes régionaux stables et la
reconstruction écologique nécessaire.
|
|
|
|
|